Derrière chaque mission se trouvent une personnalité, des convictions et une expérience unique. Notre série d’interviews vous emmène à la rencontre des consultants UX-Republic et de leur quotidien.
Pour ce huitième épisode, découvrez le portrait de Sonia, consultante CRO et Web Analyste chez UX-Republic depuis avril 2026. Spécialisée depuis plus de quatre ans dans l’optimisation des taux de conversion, elle intervient au sein du pôle Performance de l’agence. Elle nous partage sa passion pour la data, sa vision de la décision par la preuve et l’émergence de ce nouveau métier du digital.
Du marketing digital à la passion de la Data et du CRO
Paul : Peux-tu te présenter et nous retracer ton parcours académique et professionnel ?
Sonia : Je suis Sonia, consultante CRO et Web Analyste chez UX-Republic depuis avril 2026. Issue d’un master en e-commerce et marketing digital à Sup de Pub en 2023, c’est durant mes études que j’ai découvert l’analyse de données.
Je me suis spécialisée très tôt dans le CRO en travaillant pour de grands sites e-commerce comme Gamm Vert et Jardiland au sein du groupe InVivo, puis à La Maison du Chocolat, chez Bouygues Telecom en tant que responsable CRO, et enfin en freelance. Mon arrivée chez UX-Republic marque ma première expérience en agence, où j’interviens notamment sur la structuration de notre offre Performance.
Du design à l’optimisation continue
Paul : Qu’est-ce qui t’a poussée à te spécialiser dans l’analyse des comportements et la conversion plutôt que dans le design à proprement parler ?
Sonia : J’ai touché au Product Design lors de refontes, mais ce qui m’a passionnée dans le CRO, c’est de suivre un projet de bout en bout.
On peut identifier un point de friction grâce aux données, imaginer plusieurs pistes d’amélioration, puis les tester pour voir ce qui fonctionne réellement auprès des utilisateurs. C’est ce cycle d’observation, d’hypothèse et de validation que je trouve particulièrement intéressant.
Le CRO oblige aussi à rester humble et curieux. Une recette qui a fonctionné pour une marque ne marchera pas forcément ailleurs, car les cibles et les usages diffèrent. Il faut s’adapter et confronter constamment ses choix aux résultats.
Au pôle Performance : de la stratégie au terrain
Paul : À quoi ressemble le quotidien d’une experte CRO au sein de l’agence ?
Sonia : Mon quotidien s’organise autour de deux dimensions. La première est assez stratégique : j’accompagne le directeur du pôle Performance et les équipes commerciales pour structurer nos offres, construire nos méthodologies et mieux faire connaître le CRO auprès de nos clients.
L’autre partie est plus opérationnelle. Je réalise notamment des audits ergonomiques et analytics pour comprendre les parcours et identifier les moments où les utilisateurs rencontrent des difficultés ou abandonnent leur navigation.
Pour cela, je croise les données quantitatives de Google Analytics avec des outils comportementaux comme Hotjar. J’en tire des recommandations concrètes (structure de menu, hiérarchie visuelle, contenus au-dessus de la ligne de flottaison) et j’accompagne les clients dans la durée pour suivre l’impact de ces optimisations.
Alignement Data et UX : la vraie valeur du CRO
Paul : Lors de l’UX Reboot 2026, tu as coanimé une conférence sur le passage de l’UX à la CX. Pourquoi l’UX classique ne suffit-elle plus sans la Data ?
Sonia : Un site web peut être très réussi visuellement, mais rester inefficace s’il ne répond pas aux besoins réels des utilisateurs. C’est pour ça que l’UX et la Data sont, selon moi, indissociables.
La donnée permet de quantifier les problèmes et d’éviter de prendre des décisions uniquement à partir d’intuitions ou d’avis internes. Elle apporte des éléments concrets pour comprendre les comportements, prioriser les sujets et mesurer l’impact des optimisations mises en place.
C’est là que le CRO prend tout son sens : une optimisation réalisée sur un site continue de produire de la valeur dans le temps et réduit les coûts d’acquisition. L’idée est de construire une expérience plus efficace à partir des usages réels.
Agents IA et nouvelles façons de parcourir le Web
Paul : L’émergence des moteurs génératifs et des agents IA bouscule le trafic web. Qu’est-ce que cela change pour l’analyse des parcours ?
Sonia : Que l’on s’adresse à un humain ou à un LLM, les fondamentaux restent les mêmes : une structure claire, de bonnes performances techniques et des données bien organisées bénéficient autant à l’utilisateur qu’à l’IA.
Dans notre quotidien, l’IA nous aide également à gagner du temps sur certaines tâches répétitives ou sur la mise en forme de données. Cela nous permet de consacrer davantage de temps à l’analyse à forte valeur ajoutée.
En revanche, nous devons rester particulièrement vigilants sur la confidentialité des données stratégiques de nos clients.
Tester, apprendre et remettre ses certitudes en question
Paul : Quel est le plus grand défi pour le CRO aujourd’hui et quel message aimerais-tu faire passer ?
Sonia : L’un des grands enjeux reste de mieux faire connaître la culture de l’expérimentation. En France, le CRO est encore une démarche relativement récente pour beaucoup d’entreprises, qui peuvent hésiter à investir dans les outils ou les méthodologies nécessaires.
Il faut aussi démystifier l’A/B testing. Sur les réseaux sociaux, on voit souvent passer des résultats spectaculaires, mais la réalité est beaucoup plus nuancée.
Même chez des géants comme Amazon ou Netflix, beaucoup de tests sont neutres. Un test qui n’améliore pas immédiatement la conversion nous apprend malgré tout quelque chose sur l’utilisateur. C’est toute l’essence du Test and Learn : accepter de ne pas avoir raison du premier coup pour mieux orienter la suite.
Paul Courtois
Assistant Marketing & Communication Digitale chez UX-Republic


