Dépression post réalité virtuelle : UX & VR

Fév 28, 2017
UX-REPUBLIC

Cet article est une traduction de The post Virtuality Sadness de Van Schneider.

Au cours de ces derniers mois, j’ai testé la réalité virtuelle, aussi bien le jeu que le développement d’expériences immersives. L’utilisation d’un casque de réalité virtuelle est une expérience magique. Pour la comprendre et l’imaginer il faut la vivre.

Après quelques heures d’utilisation on ressent une sensation étrange. Je ne parle pas du fameux motion sickness mais d’une sorte de dépression lorsque l’expérience s’arrête.

Les symptômes physiques

Dans les deux premières minutes après toute expérience VR vous vous sentez déconnecté de la réalité. Vous interagissez avec des objets avec un soin particulier parce que vous pensez que vous pouvez simplement les “traverser”. Interagir avec votre écran smartphone devient presque comique parce que l’interface semble terne et décevante !
Ce sentiment spécifique disparaît généralement dans l’heure qui suit. C’est presque comme “une petite gueule de bois”, en fonction de l’intensité de votre expérience VR. Ce sentiment peut aussi être lié à votre IPD (Interpupillary distance paramètre). Par exemple, votre cerveau s’habitue à des distances virtuelles qui sont légèrement différentes dans le monde réel, comme la longueur de votre bras. Même si votre IPD est aussi proche du réel, il ne sera jamais parfait.

Même chose avec le taux de rafraîchissement et la latence qui ont un impact important sur la façon dont vous vous sentez pendant et après votre expérience. Généralement, il est facile de dire quand ces paramètres ne sont pas présents parce que vous vous sentirez très mal à l’aise même pendant la session.

Les objets commencent à apparaître plus près de vous et votre vision peut varier avec des objets en mouvement. Vous ne devriez certainement pas conduire une voiture après une telle expérience.

Ces sensations décrites ci-dessus semblent assez normales pour la plupart des utilisateurs et disparaissent généralement après quelques heures. Un utilisateur habitué à la VR ne ressentira plus ces sensations.

La « déréalisation »

Ca y est, j’ai retiré le casque depuis un moment. Je commence à me sentir mieux. Les objets semblent être à nouveau normaux, je ne me sens pas étourdi. Mais ce qui reste est un étrange sentiment de tristesse et de déception lors du retour dans le monde réel. L’intensité de ce sentiment est généralement étroitement liée au temps et au type d’expérience VR.

Je viens de passer quelques heures à peindre avec du feu ou tout ce que je veux dans un espace 3D en Réalité Virtuelle. Je ressens une telle confiance en utilisant ces outils, j’évalue mon environnement, fais pivoter les objets et me téléporte autour de mon propre rêve. Je me sens comme un “jedi” pendant quelques heures, avec des outils magiques au bout des doigts. Je peux faire tout ce que je veux !

Après avoir quitté un monde comme celui-ci, le reste de la journée dans le monde réel me rend triste. Je n’ai plus de super pouvoirs. Je veux toucher le ciel, faire tourner les nuages, les étirer et peindre dessus. Je me sens profondément troublé. Je ne dirais pas que je me sens déprimé, mais il y a un manque de motivation et un sentiment de tristesse.

Les jeux “à la première personne” comme Onward, un jeu de tir augmentent l’immersion de l’utilisateur. Ce jeu parait si proche de la réalité qu’il m’a donné chaud !

Les deux expériences sont totalement différentes. L’une que je considère positive (dessiner comme un dieu dans un monde 3D) et l’autre que je considère comme plus violente et négative (courir dans une zone de guerre tirant sur des gens) :

If you run from technology, it will chase you.”
-Robert M. Pirsig

 

Pourtant, les deux expériences me laissent dans un état étrange pour le reste de la journée.

  • Le premier me fait sentir triste et déçu parce que je viens de perdre mes super pouvoirs.
  • Le second me fait me sentir plus anxieux en raison de son contenu choquant.

Certains utilisateurs affirment que la réalité virtuelle peut causer des légères formes de perte de contact avec la réalité. Je vous confirme que votre cerveau est complètement déconnecté du monde réèl !

J’envisage maintenant différents types d’expériences et d’augmenter la durée des sessions pour analyser l’intensité de ma « gueule de bois” virtuelle.

Je connais les symptômes à court terme, mais comme tout le monde je suis très intéressé par les effets à long terme sur notre cerveau.

Vous pourriez trouver intéressant d’en lire plus sur la déréalisation, article intéressant sur « La réalité virtuelle induit la dissociation et diminue le sentiment de présence dans la réalité objective« .
Des tests récents ont montré que la VR peut réduire significativement les symptômes de dépression ou d’anxiété.
Qui sait, peut-être à l’avenir nous traiterons les symptômes avec les mêmes outils qui les ont créés.

Antoine Duplouy, UX-Scientist @UXRepublic

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